Edito

Il y a un an, le 17 mars 2020. la France entamait sa première journée de confinement. Du jour au lendemain, c'est toute l'économie du pays qui s'arrêtait. Après une année placée sous le signe de l’incertitude, le territoire national est actuellement soumis à un couvre-feu à 19h et certaines régions sont confinées le week-end. Les milieux artistiques, musicaux et cinématographiques sont toujours au point mort. Tandis que les optimistes reportent leurs concerts, parfois plusieurs fois de suite, dans l’espoir qu’ils aient enfin lieu ; les autres  se voient contraints de les annuler. 

 

Depuis un an, le milieu de la musique a tenté de s'organiser du mieux qu'il pouvait pour tenter d’exister encore. Le deuxième confinement a finalement permis aux élèves de conservatoires de pouvoir assister à nouveau à leurs cours en présentiel. “Présentiel”, “distanciel”, deux néologismes qui sont entrés dans notre vocabulaire quotidien. En effet, il a fallu trouver des solutions pour continuer d’apprendre, de jouer, mais surtout d’exister dans cette pandémie mondiale. Alors que le premier confinement, malgré son inéluctabilité, avait pris de cours tous les secteurs où le contact humain est indispensable - notamment dans le domaine de l'enseignement, où les professeurs n’avaient jamais été confrontés à des cours virtuels - la plupart des équipes enseignantes des universités et des conservatoires semble à présent maîtriser cette jonglerie infernale entre les deux modes d’enseignements. Le Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris a su montré cette capacité d’adaptation en janvier, puisqu’il a été contraint de fermer ses portes durant une semaine pour cause de cluster au sein de l’établissement. Une situation difficile pour les élèves mais qui, comme l’affirme son directeur Xavier Delette, est maintenant plus facile à mettre en place qu’il y a quelques mois; l’équipe s’étant préparée à ce genre de cas de figure : “Nous savons basculer les cours d’un jour à l’autre, du présentiel vers le distanciel. On a appris ça il y a un peu plus de six mois.” (propos recueillis par Laurent Borde pour France Musique). De leur côté, les concertistes ont pu organiser des concerts - payants ou gratuits - en ligne, afin de maintenir un lien avec leur public. On espère cependant que cette alternative sera abandonnée le plus vite possible, pour pouvoir assister à nouveau à de vraies représentations ou pouvoir se produire en public.

 

Madame Bachelot n’a pour l’instant pas donné de date de réouverture des salles de concert ou de cinéma. Mais certains pays font un autre pari. A Madrid, les salles de théâtre sont ouvertes depuis juin 2020 et des mesures sanitaires drastiques y sont mises en place : un test PCR hebdomadaire pour les artistes, une prise de température systématique à l’entrée et des distanciations physiques plus que respectées pour les spectateurs. Pour l’instant, l'investissement des autorités pour protéger la population et pour permettre au secteur du spectacle de continuer de vivre semble fonctionner puisqu’aucun cluster n’a été déclaré… 

Ce qui est sûr, c’est que des solutions existent. Mais maintenant que la région Ile-de-France est reconfinée, et que le nombres de nouveaux cas de covid-19 explose chaque jour, il est fort à parier que les autorités auront d’autres priorités dans les prochaines semaines que celle, “non essentielle”, de permettre au secteur du spectacle de prendre une bouffée d’oxygène. 

La crise sanitaire n'épargne pas non plus l'organisation interne de notre journal. C'est pourquoi, ce numéro comporte exceptionnellement moins d'articles qu'à l'accoutumée, et sort en accusant un léger retard de publication, que nous nous engageons bien évidemment à rattraper dans les semaines à venir !

 

Toute l'équipe du journal le Nouveau Ménestrel vous souhaite une agréable lecture, dans ce numéro consacré à la couleur.  

 

Rebecca Martin

©2021 Le Nouveau Ménestrel

  • Facebook - White Circle
  • Instagram - Cercle blanc

+33 6 51 04 54 91