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Money, money, money, it's a Christmas world !

Iona Cheniti

Il y a encore quelques semaines, vous ne pouviez pas entrer dans un magasin sans entendre les incontournables chansons de Noël. Ces chants existent depuis longtemps : on dit que les premiers chants de Noël furent entonnés par les anges au-dessus du berceau de Jésus. Mais les premières traces d'un chant écrit en français remonte au XVIe siècle avec “Entre le bœuf et l'âne gris”.  Nombreux autres chants continueront d’être écrits pour accompagner les saynètes de la nativité jouées dans les églises pour les célébrations de Noël. Par la suite, des chants profanes verront le jour comme “mon beau sapin” ou “vive le vent”.

La majorité des pays occidentaux sont construits autour du calendrier chrétien et, rapidement, Noël a été célébré par la majorité du peuple, qu’il soit croyants ou non (tout comme Pâques, où pour une majorité d’enfants, il s’agit juste de chercher des œufs qu’un lapin a caché). La majorité d’entre nous connaît un chant de Noël appris à l’école ou autre part. Alors, pourquoi ne pas chanter des titres plus récents ?

Bill Nighy, producteur de chansons dans Love Actually (2003)

L’avantage de la formule, c’est qu’elle se dérive plutôt facilement. Prenons All I want for christmas is you de Mariah Carey.

Sa chanson vient de fêter ses 26 ans en novembre dernier et il est difficile de rencontrer quelqu’un qui ne l’a jamais entendue. Par contre, pour citer une autre chanson de sa discographie… Mais cette chanson est toujours aussi populaire : en 2018 elle obtient trois records dans le Guiness Book, il en existe des centaines de reprises, un conte pour enfant inspiré de la chanson (écrit par Mariah !), un film d’animation (narré par Mariah !) inspiré du conte pour enfants (écrit par Mariah !), inspiré de la chanson (écrite par Mariah !). Carey a pour ambition de tourner une comédie musicale sur le sujet, dont certaines scènes seraient déjà filmées. Les possibilités de monétisation sont infinies. Et si on regarde la majorité des chanteurs anglo-saxons actuels, la majorité ont sorti leur chanson ou album de Noël.

Le business des chansons de Noël est extrêmement lucratif. Imaginez : sortir une chanson reprise tous les ans pendant deux à trois mois dans la majorité du globe. Les paroles ne seraient pas bien complexes puisque pour cette période de l’année, on s’attend à de la joie et de la bonne humeur. Écrivez vos bons sentiments que vous mélangez à une chanson d’amour et la répétition du mot Noël : vous avez votre tube de Noël. Une grande partie de la production de ces chansons proviennent des États-Unis et du Royaume-Uni. Quand on sait qu’environ 70% de la population américaine est de confession chrétienne et 60% chez les britanniques, le public visé est relativement large. Il suffit de trouver la formule qui marche et le tour est joué.

Mariah Carey

Mais alors, a-t-on vraiment envie de permettre à l’industrie du disque de se faire de l’argent sur l’esprit de Noël ? Au fond, oui. Certes, ces chansons sont là pour que ceux qui les écrivent se fassent de l’argent mais qui n’a jamais dansé sur un de ces tubes ? Elles nous mettent de bonne humeur et nous plongent un peu plus longtemps dans une ambiance de fête, nous font danser ou nous rappellent qu’on a encore oublié d’acheter des cadeaux pour nos proches. Et ça fait partie de l’esprit de Noël à mon goût.

Je n’imagine pas un Noël sans des décorations partout, des gens qui font tourner trois centrales nucléaires pour réussir à allumer toutes leurs guirlandes, la centième rediffusion de Maman, j’ai raté l’avion et de toute la filmographie de Louis De Funès, et ces chansons qui tournent en boucle dans toutes les boutiques. Et si pour cela, je dois laisser les maisons de disques se faire de l’argent sur mon dos, je les laisse faire. Ils pourront en ressortir de nouvelles l’année prochaine !

Iona Cheniti

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