Edito

Après l’annonce du couvre-feu dans six des métropoles françaises par notre Président, le 14 octobre dernier, ce sont des mesures bien plus drastiques qui semblent avoir été décidées, et que nous découvrons le jeudi 28 octobre lors de l’annonce d’un reconfinement général. On se souvient tous des images des grandes avenues parisiennes désertes, en mars dernier. Le fantôme de ces souvenirs plane toujours au-dessus de nous, mais il semble que les mesures très strictes déclenchées par la première vague ne soient pas entièrement reconduites cette fois-ci. Il s’agirait pour le gouvernement de ne pas donner de coup fatal à notre économie. Mais alors, qu’en est-il du secteur de la musique et plus généralement de la culture ? 

Contrairement à mars dernier, certaines écoles d’art peuvent rester ouvertes, pour les cours de travaux pratiques. C’est le cas de quelques écoles des Beaux-Arts. De même, alors que les cours en conservatoires avaient été suspendus en mars, ils sont maintenant autorisés, mais pas pour tous ! Selon l’article 35.6 du décret n°2020-1310 du 29 octobre 2020 seuls, “les établissements mentionnés à l'article L. 216-2 du code de l'éducation” (c’est-à-dire les établissements d’enseignement public relevant de la responsabilité des collectivités territoriales) sont ouverts et seulement “pour les élèves inscrits dans les classes à horaires aménagés, en troisième cycle et en cycle de préparation à l'enseignement supérieur”. Une grande partie des élèves devront donc se réessayer aux cours d’instrument à distance, ce qui n’est pas une mince affaire… Même si certains élèves musiciens peuvent continuer les cours “comme avant”,  les représentations musicales ou culturelles et les spectacles sont interdits. C’est donc, encore une fois, de nombreux concerts qui se voient supprimés et des tournées qui sont interrompues, plongeant dans l’incertitude nombre de concertistes et musiciens de tous bords. Comme le disait il y a quelques semaines Alexandre Tharaud dans une interview sur France Musique à propos du premier confinement, ce qui est le plus difficile est de ne pas savoir si le concert que l’on prépare va finalement avoir lieu, ce qui occasionne un stress et une incertitude difficilement gérable. Sans compter la précarité financière dans laquelle les artistes se retrouvent. 

Finalement, dans ce confinement aux conditions un peu relâchées, c’est la culture qui est la plus touchée : le cinéma, la musique, le théâtre, les spectacles divers et variés. La culture, que l’on sait si importante pour la construction de chaque être humain et qui est officiellement classée du côté des activités non nécessaires. Il faut espérer que le gouvernement mette massivement en place des aides pour tous les artistes que ce confinement affaiblit. Nous vous invitons, pendant cette période que nous espérons la plus courte possible, à faire vivre la musique et la culture du mieux que vous le pouvez, en offrant des places de concerts à votre famille à Noël, en espérant qu’ils puissent avoir lieu, en vous abonnant à des plateformes de concerts en ligne comme Classique sur Canapé, ou encore à acheter les CD de vos artistes préférés. La culture est une nécessité, quoique les mesures prises par le gouvernement puissent laisser penser. Et surtout, elle l’est dans une période d’attentats terroristes, où l’obscurantisme se manifeste de plus en plus souvent et violemment et où la liberté d’expression est menacée. 

 

Nous vous souhaitons une très bonne lecture de ce troisième numéro ! 

Rebecca Martin

©2020 Le Nouveau Ménestrel

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