Critiques de concerts

 Par Lucas Gambard et Rebecca Martin

Balaké Sissoko et Vincent Ségal

Pour être tout à fait honnête, j’étais très emballé par le concert annoncé par la Maison de la Radio en juin. Un superbe concerto pour kora et deux pièces de musique contemporaine que j’adore : Shaker Loops de John Adams et The Unanswered Question de Charles Ives. Quelle ne fut pas ma déception lorsque j’appris que l’orchestre ne jouerait pas et que le programme serait modifié en conséquence. Cependant, même si je partais sans grande excitation vers ce concert, j’ai été surpris.

Expérience unique à la Maison de la Radio ce 21 octobre. Dans un auditorium à moitié vide, avec un programme modifié deux fois, les projecteurs étaient braqués sur la kora de Ballaké Sissoko et le violoncelle de Vincent Ségal. Le concerto pour kora et les œuvres des compositeurs américains ont laissé place à une formation chambriste de deux à six musiciens pour un concert intimiste placé sous le signe du métissage entre les cordes maliennes et européennes. Les deux comparses ont merveilleusement interprété quelques titres de leur album Chamber Music sorti en 2009. Un pur moment de plaisir dans un esprit de communion et de partage si rare en ces temps distancés. Même si l’équilibre des timbres entre le violoncelle et la kora a mis quelques minutes à s'installer, le timbre étonnant de l’instrument malien magnifié par l’interprète virtuose qu’est Balaké Sissoko, a trouvé réponse dans le quintette à cordes formé par Vincent Ségal et quatre musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Radio France. Un dialogue expressif et coloré, aux accents pentatoniques et heptatoniques qui illustre la magnifique complicité qui unit les deux interprètes de cette superbe soirée.

Ecoutez l'album : Youtube  |  Spotify  |  Deezer  |  Apple Music

 Lucas Gambard

Pianoctambule

Le week-end du 17 octobre 2020, la ville du Mans a accueilli pour la quatrième année le festival Pianoctambule, du piano pour les oiseaux de nuit. Cette ville sarthoise est mondialement connue pour l’organisation des 24 heures voiture, moto, cuisine… Elle ajoute à sa longue liste le festival des 24 heures piano, 24 heures de performance non-stop, qui mettent l’instrument au devant de la scène ! La première édition du festival, en 2017, avait illustré cette idée par la présence de Nicolas Horvath qui avait interprété les Vexations d'Erik Satie pendant 24 heures de performance sans interruption. Cette année, c’est Beethoven qui était mis à l’honneur, pour célébrer le 250e anniversaire de sa naissance. Au programme, un marathon de ses 32 sonates, jouées par plusieurs pianistes, tantôt sur un pianoforte Walter, tantôt sur un piano moderne Bechstein. De quoi nous éveiller les oreilles ! Il était aussi possible de découvrir un piano-machine tout à fait étonnant et de s’endormir au son du piano avec un casque…de quoi traverser de nombreuses émotions, en seulement 24 heures. Plus qu’une chose à dire : vivement l’année prochaine !

Site internet du festival : https://www.pianoctambule.com/

Rebecca Martin

©2020 Le Nouveau Ménestrel

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